II) Les prévisions cycloniques

3) Prévisions à long terme

 

Le fait de savoir prévoir un cyclone deux ou trois jours avant sa formation peut paraître inutile pour prévenir une population. Mais le fait d’avoir des informations sur l’activité cyclonique des prochaines semaines ou prochains mois peut devenir intéressant. Ce genre de prévisions à longue échéance reste encore dans le domaine de la recherche mais c’est une piste à explorer. C’est pourquoi des climatologues et des chercheurs se sont penchés sur les prévisions saisonnières. Il a été démontré que le sud-ouest du Sahel et que le nord du Golfe de Guinée sont regroupés à la cyclogénèse ultérieure sur l’est de l’Atlantique. En effet, les précipitations importantes montrent des perturbations d’origine africaine qui peuvent devenir, sur l’océan, des cyclones. Dans le cas contraire, les années de sécheresse sahélienne correspondent à des années de faible activité cyclonique. Il a été aussi prouvé statistiquement les relations entre l’activité cyclonique sur l’Atlantique tropical (de juin à novembre) et certains paramètres météorologiques de grande échelle. Ces facteurs prédictifs sont parfois disponibles 6 à 8 mois avant le début de la périodes des cyclones, d’autres le sont soit au printemps ou au début de l’été. 

Dans les années précédentes il y avait quatre principaux prédicateurs, maintenant il y en plus de sept :


- Oscillation Quasi-biennale : la composante des vents dans la ceinture de l’équateur a un cycle de deux ans environs. Lorsque ces vents qui se situent entre 25 et 30 km d’altitude viennent de l’ouest, l’activité cyclonique de l’Atlantique double. 

- Oscillation Australe de l’El Nino : il s’agit du phénomène appelé El nino. C’est une anomalie thermique des eaux de surface au large du Pérou ainsi que dans les régions océaniques de Pacifique intertropical. Un phénomène se produit tous les cinq ans. Les eaux de cette zone sont normalement froides mais la température augmente de 3 à 5 degrés. Cette différence de température entraîne des changements océaniques mais aussi atmosphériques. Cette différence de températures s’explique par un affaiblissement de l’alizé intertropical de ces régions. Cela provoque des pluies diluviennes dans cette région sèche de l’Amérique du sud. Tout ceci contribue à une modification de l’activité cyclonique. Toutefois l’arrivée del Nino sur le bassin atlantique contribue a une diminution de l’activité cyclonique et de leur intensité. C’est ce qui s’est produit en 1972-73, en 1977, en 1982-83, en 1986, en 1991-92 et en 1997. Mais el Nino augmente l’activité cyclonique de la Polynésie durant l’hiver. Cependant, La Ninia est le même phénomène que El Nino mais au lieu d’avoir une eau plus chaude, l’eau est plus froide. Cette différence de température contribue, à l’inverse, à une activité cyclonique plus intense toujours dans la même régions. Cela s’est produit en 1989-90, en 1995 et en 1999.

- Anomalie de Pression au Niveau de la Mer : les études de la pression atmosphérique aux Caraïbes et au Golfe du Mexique en juin ont montré une anomalie par rapport à la moyenne saisonnière. Si cette anomalie est positive ( pression plus forte) alors l’activité cyclonique sera faible. Si elle est négative, alors l’activité cyclonique sera plus forte.

- Anomalie Zonale des Vents de haute troposphère : la composante des vents à 12 km d’altitude dans des régions intertropicales permet d’avoir un certain degré de probabilité de savoir si la saison cyclonique sera intense ou pas.- Précipitation sur l’Afrique occidentale : les quantités de pluies enregistrées pendant la fin du printemps et le début de l’été dans une même région correspondent avec l’activité cyclonique. Si la quantité augmente, l’activité cyclonique sera plus forte. Si la quantité diminue, l’activité cyclonique sera plus faible.

- Anomalie de Température de Surface de la Mer : deux régions sont étudiées à la fin du printemps, l’une au nord dans la zone tempérée, l’autre au sud du tropique du Cancer. Si on constate une anomalie positive, alors l’activité cyclonique sera importante. Si non, les cyclones ne seront pas fréquents. De plus, rentre en compte les courants océaniques et la salinité de l’eau.

D’autres paramètres rentrent en compte :

- Anomalie de pression sur la zone du Pacifique occidentale.
- Puissance de la dorsale de la zone de nord-est de l’Atlantique tropical

- Anomalie de température au niveau de pression 100 hectopascals

Toutes ces études permettent de prévoir l’année cyclonique et son activité selon plusieurs aspects :

- nombre de phénomènes baptisés (tempêtes et ouragans) répertoriés dans l'année 
- nombre total de jours d'existence de ces phénomènes
- nombre d'ouragans et parmi ceux-ci, d'ouragans intenses 
- nombre global de jours d'existence d'ouragans et d'ouragans intenses 
- potentiel destructeur cyclonique (qui est fonction du carré de la vitesse des vents maximaux générés par le cyclone 
- activité cyclonique globale, qui totalise l'ensemble des informations ci-dessus et les synthétises sous forme de pourcentage par rapport à une moyenne des 20 ou 30 dernières années 
- potentiel de destruction maximal.